Ces nations d’Asie sont venues à bout du paludisme

Vous désirez vous récréer dans une région au climat modéré, au contact de la nature et ses merveilles sans craindre d’être atteint du paludisme ? Eh bien, ce rêve est possible désormais dans des pays comme le Sri Lanka ou le Kirghizistan. En effet, ces nations d’Asie font partie des rares pays ayant réussi à éradiquer le paludisme. Mais cela ne s’est pas réalisé sans prise de mesures efficaces contre ce fléau mondial. Explications.

Un ennemi qui attaque dès qu’on a le dos tourné

Au cours du siècle dernier, le Sri Lanka fut rudement touché par des épidémies de paludisme. Le premier ravage eu lieu en 1935, tuant 80 000 malades sur  1,5 million touchés. Suite à cette tragédie, une campagne fut lancée au cours des années 50. Le paludisme fut presque éliminé car seuls 17 cas ont été recensés en 1963. Dès lors, une baisse dans la surveillance des infections a été constatée. La maladie a alors pu reprendre de plus belle, avec près d’un demi-million de personnes touchées en 1969 et en 1986. Les résultats de la nouvelle stratégie de lutte contre la maladie sont apparus dès le début des années 2000.

On a noté une baisse de 68% des cas d’infection entre 2000 et 2001. Les ressources financières apportées par le Fond mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, ont permis une réduction considérable des cas recensés en 2007. Cette année-là, seulement 198 personnes ont été touchées. L’année qui a suivi fut la première où aucun décès dû au paludisme n’a été enregistré sur un millier de malades. Le dernier cas de fièvre due au paludisme fut déclaré en Octobre 2012. Après quatre ans sans nouveau cas de maladie signalé, l’OMS a déclaré le Sri Lanka officiellement libéré du paludisme. (Source)

Comment le Sri Lanka a dit « Non au paludisme »

Face à la souffrance de la population décimée par le paludisme, les autorités sri-lankaises ont revêtu la tunique du léopard (ou le costume de Superman si vous préférez) pour lutter efficacement contre le mal. Le mouvement nationaliste de Libération de l’Eelam Tamoul (LTTE), en conflit avec le régime depuis la fin des années 70 décida d’enterrer la hache de guerre en 2009. En effet, le paludisme emportait nombre de soldats dans ses rangs. Le LTTE décida d’aider l’Anti-Malaria Campaign (AMC), organe dépendant du Ministère de la santé, dans sa lutte contre le fléau.

L’élimination des vecteurs du paludisme à l’aide du DDT, un insecticide puissant apparu en 1945 n’eût pas de résultats palpables dans la réduction des cas de paludisme. On privilégia donc la prévention et le dépistage de la maladie au sein de la population. Une lutte directe contre le parasite hébergé par les êtres humains a été adoptée. Des formations du personnel médical à l’usage de tests de dépistages plus rapides furent organisées. Le Ministère de la Santé s’est chargé de la distribution de médicaments antipaludéens  adaptés face à un mal qui se faisait plus résistant. L’AMC accentua la lutte contre la propagation du paludisme en association avec des ONG internationales. Les cas de fièvre étaient signalés sur une ligne téléphonique ouverte à toutes les heures. Le système de santé fut rénové et des moustiquaires imprégnées furent distribuées, permettant ainsi d’agir dans les zones les plus reculées. (Source)

Le dispositif de veille sanitaire est aujourd’hui maintenu afin d’éviter des importations éventuelles de nouveaux cas.

Vous pouvez désormais visiter le célèbre Pic d’Adam, le Temple de la dent, le Temple d’or de Dambulla ou admirer les éléphants de Pinnawala et des Parcs nationaux d’Uda Walawe et de Yala, ainsi que les statues du bouddha couché.

Le Bouddha couché, merveille du Sri Lanka

Attention à ne pas vous faire écraser comme des moustiques par ces majestueux pachidermes ! Ce serait un comble surtout que le paludisme n’y sévit plus. Outre ces attractions, le national rice&curry à la noix de coco rappée et les poissons et fruits de mer dont regorge l’île ne manqueront pas d’enchanter vos papilles. (Source)

Sur cette note savoureuse, allons vers le Kirghizistan afin de découvrir comment cette nation a vaincu le paludisme et son arrogant vecteur.

Quand l’OMS déclare le Kirghizistan « Safe from malaria »

Chaque pays qui pendant trois années successives, maintient le niveau zéro de cas d’infection palustre contractée peut être déclaré sans paludisme par l’OMS. Ce titre est accordé après une demande de certification d’élimination de la maladie, lorsque le pays remplit les conditions énoncées plus haut.

En 1961, le Kirghizistan grâce des campagnes de grande amplitude a éliminé la menace du paludisme sur son territoire. Après avoir conservé le statut de pays sans paludisme durant plus de deux décennies, des cas d’infections importés de pays voisins furent signalés. Les transmissions autochtones ont de nouveau repris en 1986. Devenu indépendant en 1991, le Kirghizistan a ouvert ses frontières, ce qui a facilité la propagation du mal venu également d’Afghanistan. Suite à cela, un effondrement économique fragilisa le système de santé kirghize, entrainant le manque d’insecticides, d’antipaludiques et une faible surveillance du paludisme.

C’est dans ces conditions que le pays fut confronté en 2002, à une épidémie majeure de malaria. On enregistra plus de 2700 cas de paludisme à plasmodium vivax. L’adoption d’une nouvelle stratégie permit en 2003 une forte baisse du nombre de cas d’infections. En 2010, seuls trois cas de paludisme furent signalés et un an après, aucun cas autochtone n’a été notifié. Le Kirghizistan fit donc en 2013 une demande de certification d’élimination du paludisme. Ce titre lui a été accordé par l’OMS et il le conserve jusqu’à ce jour. (Source)

La stratégie Kirghize de lutte contre le paludisme

Une lutte ciblée a été adoptée par le Ministère de la santé du Kirghizistan contre l’épidémie survenue en 2002. Il reçut l’aide de plusieurs organisations internationales comme :

  • L’organisation mondiale de la santé (OMS)
  • Le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme
  • L’Agence d’aide à la coopération technique et au développement (ACTED)
  • La Medical Emergency Relief International (MERLIN)

Les yourtes font partie des spécificités culturelles kirghizes

On procéda à un renforcement du système national de surveillance pour la détection des cas et les investigations. Chaque cas confirmé fut rapidement traité pour éliminer les risques de transmission ultérieure. Une lutte contre le vecteur du paludisme fut également menée. Elle consistait en la pulvérisation d’insecticides dans chaque domicile et de larvicides dans les rizières du pays. Les communautés étaient désormais engagées dans la prévention et la lutte anti-malaria. Un plan d’action complet a été mis en place et financé par les autorités kirghizes afin d’éliminer tout risque de retour du paludisme jusqu’en 2018. (Source)

C’est donc officiel, vous pouvez pendant vos vacances faire de la randonnée à cheval ou à pied, visiter la tour Burana et le Parc national d’Ala Archa. Pour les amateurs de sensations fortes, il est possible d’escalader le prestigieux Khan Tengri, le pic Podeby ou encore le pic Lenine. De même, les montagnes du Pamir et des Tian Shan vous offrent une large vue des terres kirghizes, car recouvrant plus des trois quarts du pays. Les plus âgés peuvent se permettre une petite traversée du lac Son Koul. Dégustez le plov, délicieux riz sauté à la viande de mouton, aux carottes, aux pois chiches et raisins secs, sans oublier les samsas, succulents beignets de viande frits et fourrés au fromage. (Source)

 

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