Comprendre le neuro paludisme

Le neuro paludisme est le terme utilisé pour désigner la dernière étape de l’infection des parasites du paludisme dans le corps. Cette étape quasi terminale est l’une des plus graves. Lorsque le paludisme est déclenché, le plasmodium à l’origine de la maladie se multiplie intensément dans le corps. Il s’agrippe à différents organes et se nourrit du fer contenu dans les globules rouges. Son action dévastatrice est évolutive et ne s’arrête qu’après avoir colonisé le centre de commande qu’est le cerveau et entrainé différentes complications.

Qu’il y-a-t-il après le neuropaludisme?

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Le neuropaludisme est réellement dangereux

Les suites du neuropaludisme sont de trois ordres. En fonction des hypothèses et schémas de dégradation de l’état de santé on distingue :

    • Schéma 1 : accès pernicieux et décès du malade
      Lorsqu’il ne reçoit pas le traitement adapté à l’étape du neuropaludisme, le patient glisse dans la phase de l’accès pernicieux, c’est-à-dire la défaillance multi viscérale après les convulsions et les fortes fièvres. Le patient finit alors par glisser dans un coma profond qui signale l’arrêt d’un certain nombre de fonctions vitales. Le mal ayant colonisé tout le corps, le patient meurt des suites d’une thrombose, crise cardiaque, complication pulmonaire
    • Schéma 2 : guérison et séquelles
      En cas de prise en charge rapide, le patient peut survivre. Chez les enfants de moins de 5ans, les conséquences sur le cerveau sont graves et irréversibles. On observe par exemples des lésions qui se traduisent par la perte de certaines facultés.
      Chez l’adulte, les séquelles sont généralement un affaiblissement général du corps et des défenses immunitaires, des maux de tête, et dans certains cas, la fatigue cérébrale.
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Les séquelles du neuropaludisme sont terribles

  • Schéma 3 : graves séquelles
    Les séquelles peuvent parfois être bien plus graves que l’on ne pense. En effet, les lésions peuvent entrainer des troubles neurologiques cognitifs (troubles de la compréhension) chez l’adulte.
    Il faut noter que dans les régions impaludées, une mauvaise connaissance du paludisme augmente les risques de souffrir de complications. La France est l’un des pays européens qui rapportent le plus de cas de paludisme d’importation, environ 6500 cas et plus de 20 décès liés au neuro paludisme par an.

De nos jours, la prise en charge du neuro paludisme s’est considérablement améliorée. Tout le monde peut-il en souffrir?

Le neuro paludisme: un risque présent pour tous

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Une patiente hospitalisée

N’étant pas une maladie particulière mais plutôt une phase de complication du paludisme, le neuro paludisme n’a pas de cible toute désignée. Tout le monde peut en cas de mauvaise prise en charge en pâtir.
Il faut malgré tout noter que les enfants et les personnes n’ayant aucune immunité anti-palustre sont plus enclines à souffrir de neuro paludisme. L’absence de traitement ou les difficultés de diagnostic sont les facteurs qui favorisent ce fait.

Comment diagnostiquer un neuropaludisme ?

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Le diagnostic est fondamental

Le neuropaludisme est la conséquence de l’invasion des parasites du paludisme dans l’ensemble du corps. Cela signifie qu’un adulte souffrant d’un paludisme depuis près de 14 jours sans traitement adéquat, ou alors un enfant souffrant depuis 3jours sans traitement est un bon candidat pour le neuropaludisme.

En général, un patient dans cet état admis au sein d’un hôpital où sont traitées les maladies tropicales peut être aisément diagnostiqué. En Afrique, c’est la principale cause de décès chez les moins de cinq ans en raison des difficultés d’accès à des traitements. Ces difficultés sont à imputer à des problèmes financiers, culturels, ou à l’éloignement géographique.

Quelles qu’en soient les causes, les symptômes suivants signalent un neuropaludisme :

  • L’intense fatigue,
  • L’impossibilité pour le patient de bouger,
  • L’anémie sévère,
  • Accès pernicieux,
  • Hyperthermie accompagnée de convulsion, de sueur froide, et d’une cyanose qui signale que le corps n’est plus parfaitement irrigué en sang.

Un frottis sanguin et un test de glycémie permettent généralement de confirmer ce diagnostic.

Pour en apprendre un peu plus:

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